Test Shining Resonance Refrain : difficulté, fan service, scénario, que retenir du jeu ?
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Test Shining Resonance Refrain : difficulté, fan service, scénario, que retenir du jeu ?

Juil 23 Akkyshan  

Le titre Shining Resonance Refrain est un portage remasterisé et augmenté du titre sorti sur PlayStation 3, il y a déjà quatre ans. Il est disponible depuis le 11 juillet sur PC, PlayStation 4, Xbox One et Nintendo Switch. Rares sont les titres de cette saga à franchir les frontières du Japon, mais celui-ci se présente comme une réhabilitation internationale de Shining. Pourtant, en observant les différents aspects du jeu, cela ne semble pas si simple. Premier contact, système de jeu, difficulté, fan service… voici ce que Nataniel vous invite à retenir sur le portage PS4 de Shining Resonance Refrain.

Shining Resonance Refrain

Le premier Shining Force était un tactical RPG sorti sur Megadrive en 1992 et ce devrait vous dire quelque chose. Car depuis, la série Shining a connu de nombreux épisodes ! Mais seule une partie a été traduite et exportée en dehors du Japon. D’ailleurs, ce n’était pas le cas de Shining Resonance sorti en décembre 2014 sur PS3. Néanmoins, nous pouvons aujourd’hui découvrir en Europe (et ailleurs) son portage sur PS4, ainsi que sur PC et toutes les autres consoles modernes.  Voici donc le test de Nataniel sur Shining Resonance Refrain (PlayStation 4). Premier contact avec le jeu, gestion de la difficulté, fan service, scénario, voici ce qu’on peut retenir du portage de ce jeu japonais.

Shining Resonance Refrain, un premier contact austère

Sans non plus créer un sentiment de dégoût à l’allumage, Shining Resonance Refrain n’est pas le jeu le plus accueillant de sa génération. L’origine PS3 se voit, et probablement un budget relativement limité comparé à d’autres productions. Sans rendre l’expérience réellement désagréable, le jeu se présente comme un Visual Novel, chaque personnage qui vous parle est présenté dans une version très peu animée de chaque coté de l’écran. Shining Resonance Refrain offre des phases d’action en 3D où l’on explore des zones plus ou moins ouvertes – plutôt moins que plus d’ailleurs. Des combats en temps réel se déclenchent dès lors qu’on touche un adversaire présenté sur la carte.

Shining Resonance Refrain

Résultat : l’action non jouable est très bizarrement animée et mise en scène. Alors que les premières scènes sont censées être dramatiques, voire épiques, le joueur reste sur sa faim. Là où des dragons et des guerriers surhumains interviennent, il n’y aura que quelques animations nulles et un dragon avec un balais enfoncé si loin dans le fondement qu’il semble avoir de la peine à tourner. Dès le départ, on touche l’un des plus gros défaut du jeu : en effet, non seulement le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, mais il est extrêmement mal raconté. Malheureusement, cela gâche tous les moments de gloire qu’il pourrait proposer.

Tales of…. Persona ? Pardon ?

C’est au niveau du système – ou plutôt des systèmes –  que le jeu livre enfin son intérêt. Shining Resonance Refrain propose une progression presque libre depuis un hub central. Mais aussi la possibilité de faire des donjons annexes, dont la faune peut être modifiée via un système de crafting minimal. Et bien sûr, la drague, qui est la seule chose qui rapproche Shining Resonance Refrain d’un Persona, soyons clair.

Simulateur de drague

Shining Resonance Refrain

Pour résumer, le personnage principal a en tout temps la possibilité « d’en apprendre plus » sur ses compagnes et compagnons, via des dialogues autour du feu. Ces amourettes – ou amitiés, mais qui cherche l’amitié dans un simulateur de drague ? – ont un (presque double) intérêt. En effet, vous pouvez découvrir la personnalité cliché et/ou insipide du personnage mais surtout débloquer de nouvelles possibilités de liens. Ceux-ci sont intéressants, puisqu’ils ajouteront des bonus en combat lorsque les personnages combattront ensemble. Néanmoins, en mode normal, il n’est pas nécessaire de vraiment pousser ce système à fond.

Combats

Shining Resonance Refrain

En terme de combat, le jeu se présente comme un Tales of… version pré-Berseria. Il emprunte d’ailleurs un élément important à ce dernier : la barre d’action. Celle-ci se vide à chaque coup porté, se recharge avec le temps, mais n’est pas utilisée par les sorts. En effet, ils consomment classiquement des points de mana. Pour le reste, on retrouve les classiques : coup faible, coup fort qui peut « break » l’adversaire à terme et le rendre vulnérable pendant un court instant façon Final Fantasy XIII. Sans oublier la parade et l’esquive, sous la forme d’un dash qui se coince une fois sur deux dans les modèles des monstres non-humanoïdes ! On ajoute la possibilité de pousser la chansonnette en groupe.

Chansons de groupe

Shining Resonance RefrainLes moments musicaux, qu’on ne peut pas passer !

Toutes les armes des personnages peuvent être utilisées en tant qu’instrument de musique. Malheureusement, votre serviteur n’arrive pas à prendre ça très au sérieux ! Cependant, ces actions offrent des bonus, tout en dépensant progressivement une jauge qui se recharge plutôt rapidement en combat. De même, le personnage principal peut se changer en dragon. Très rapidement, on se rend compte que ces transformations sont réellement très fortes. D’autant que les limitations qui, au début de l’aventure, font perdre le contrôle du personnage en cas d’utilisation trop prolongée, disparaissent rapidement. Ainsi, la seule ressource consommée par la transformation sont des points de mana. Et on peut en récupérer très facilement avec des objets.

Malgré le ton un peu grinçant de ce paragraphe, tous ces éléments fonctionnent. Quant au système de combat lui-même, il est plutôt agréable à jouer. Heureusement, parce que le reste… Néanmoins, la gestion des systèmes imbriqués, le positionnement sur le champ de bataille ou encore la possibilité de choisir n’importe quel personnage du quatuor pour le repositionner, ou choisir à la main les capacités qu’il va utiliser apportent une vraie dimension aux combats. D’autant plus que les boss peuvent s’avérer ardus, même en difficulté standard.

Une difficulté à l’ancienne

Shining Resonance Refrain

La difficulté apparaît en effet relativement mal gérée, ou du moins très bizarrement. En effet, les premiers affrontements sont très frustrants. Jusqu’à ce qu’on réalise qu’un bon placement et un petit niveau de plus les transforment en formalité. Ainsi, c’est à ce moment que le jeu décolle vraiment, après les deux-trois premiers boss qui font office de tutoriel.

Après avoir roulé pendant une dizaine d’heures sur le jeu, au prix d’un ou deux niveaux de marge récupérés en faisant les nombreuses et inintéressantes quêtes annexes, le joueur peut se retrouver brutalement devant des murs. En effet, les boss, qui sont souvent des dragons, rendront le jeu subitement grindy à l’ancienne. Pire, les personnages en réserve ne touchent aucune expérience lors des combats ! C’est pratique quand le jeu décide de vous enlever un membre usuel de votre groupe, tout en mettant d’un coup des ennemis dix à quinze niveaux plus haut que vous ! Bon, on s’y fait… surtout si on a déjà touché un jour à un RPG sur SNES ou à un SMT3 : Nocturne. Mais cela reste déroutant aujourd’hui.

Graphismes

Shining Resonance Refrain

Côté graphismes, le bilan est particulièrement mitigé. Certes, beaucoup d’environnement sont jolis, mais le portage depuis la PS3 se voit encore par endroits. En effet, on peut repérer quelques textures minimalistes et des arêtes étrangement carrées dans les éléments de fond. Côté personnage, c’est ok… néanmoins, on reviendra sur leurs looks improbables juste après ! Le vrai souci du jeu, c’est qu’il ralentit en combat dès que les effets se multiplient à l’écran. Et ça arrive de plus en plus fréquemment, à mesure qu’on gagne des pouvoirs et des capacités puissantes.

Ainsi, les FPS sont parfois divisés par deux, simplement parce que plusieurs personnages ont déclenchés un pouvoir multi-cibles en même temps. Gênant sans être bloquant, on aurait toutefois espéré qu’un portage depuis la PS3 permettrait d’éviter ce genre de déboire. Notons ici que le jeu a été testé sur une PS4 standard et qu’aucun patch n’a été appliqué au jeu.

Fan service outrageux

Shining Resonance Refrain

Pour définir le fan service, nous résumerons la chose en « mettez des filles en petite tenue juste pour le plaisir des yeux ». Aussi bizarre que cela puisse paraître, il est possible de le faire de manière intelligente. En effet, cela peut servir un récit. Ainsi, du côté des animes, le légendaire Evangelion le fait très bien, tout comme Darling in the Franxx, au risque que la référence fasse débat. Mais ce n’est évidemment pas le cas ici ! On retrouve donc des « robes » à la taille totalement indécente. Ou encore une armure qui, de manière très commode, dispose d’une ouverture dans la plaque pectorale pour laisser rebondir la poitrine de l’héroïne.

Sans oublier le fait que chacune des héroïnes dispose de plus de maillots de bain que de tenues normales. Enfin, tenues normales dont le design est déjà discutable et auxquelles il faut ajouter les fantasmes habituels : soubrette et uniforme de collège, notamment. Naturellement, cela relève d’un gimmick et donne un ton sans prise de tête à l’ensemble. Ce qui se renforce quand les personnages continuent à parler de météo tandis qu’un des membres du groupe vient de se faire capturer par l’ennemi. Bon, on ne reprochera pas aux amateurs de s’intéresser au jeu pour cela. Néanmoins, si vous n’aimez pas ce genre de traitement, passez votre chemin.

Shining Resonance RefrainLa classe 2-3 du lycée en sortie éducative à la campagne

Scénario

Il y a un bon moment dans le passé, il y a eu une guerre. Maintenant, il y en a une nouvelle. A plus petite échelle, puisqu’on n’oppose pas Dieu à des dragons, mais juste des humains et des elfes. Dieu, qu’ils appellent Deus (les RPG japonais utilisent régulièrement une religion monothéiste comme adversaire), a disparu mais pas son culte. Les dragons sont tous morts, sauf un, que le personnage principal a dans la tête. Yoma, le héros, résistera bien environ trois minutes avant d’accepter de se servir de ce pouvoir, ce qui lancera l’aventure puisqu’il rejoindra la paire de… pardon.

Yoma rejoindra la princesse du royaume des gentils contre le méchant empire des méchants, qui au passage le tenait enfermé et faisait des expériences sur lui. Bref, le scénario est prévisible et n’offre pas une seconde d’originalité. Très régulièrement, il frise le cliché. Si on ajoute une écriture d’une incroyable platitude, on comprend vite que ce n’est pas ce qui fait l’intérêt de ce Shining Raisonance.

Shining Resonance Refrain

Que retenir ?

On retiendra surtout le gameplay et les systèmes de combat. On ne criera pas au génie, mais Shining Resonance Refrain se laisse jouer de manière plutôt agréable. Les amateurs de fan service et d’amourettes entre personnages y trouveront leur compte… A condition d’accepter que le principal intérêt des jeux de drague, à savoir des personnages complexes et intéressants à découvrir, est remplacé ici par des coquilles presque vides et clichées. Shining Resonance Refrain est ce genre de jeu qui a des bases solides, mais semble manquer des moyens de ses ambitions.

Ainsi, on a un corps de jeu qui fonctionne et s’avère somme toute agréable à parcourir. Mais il est servi par une narration qui multiplie les erreurs grossières. Enfin, c’est surtout la manière dont se découpe la progression qui permettra à ce mélange imparfait de prendre. En effet, la liberté d’exploration donnée au joueur est plus qu’agréable. Le joueur peut ainsi choisir en tout temps de faire des donjons annexes ou d’insister sur la drague. D’avancer l’histoire principale ou de se lancer dans des quêtes annexes. Mais aussi de simplement se balader dans le monde, pas moche à défaut d’être vraiment joli.

Plutôt entraînant si on lui passe ses nombreux défauts, Shining Resonance Refrain peut s’avérer être un RPG à la japonaise tout à fait intéressant. Dommage qu’à côté, on trouve Tales of Berseria qui lui ressemble beaucoup en terme d’imagerie et de système. Ou encore les Persona qui poussent le mélange entre RPG tour par tour et simulateur de drague à un niveau proche de la perfection. Cela dit, en période de vache maigre, vous pouvez laisser une chance au dernier né de Sega.

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Conclusion

Points forts Points faibles
• Liberté de progression Fan service ridicule et dépourvu de sens
Système de combat agréable à jouer Scénario et écriture sans intérêt
• Quelques notions de tactique à mettre en place Narration aux fraises parvenant à vous ennuyer dans ses moments les plus épiques
• Un Shining hors du Japon, c’est rare Difficulté à l’ancienne rendant le jeu très « grindy »
Voix japonaises • Pas de version française, mais ce n’est pas une faiblesse pour les bilingues

 

A propos de Akkyshan

Rédactrice en chef des furieux scribeurs, elle ne supporte pas qu'on lui dise qu'elle est petite. Elle a facilement tendance à mordre et à lancer des objets sur les gens. Mais, sinon, elle est gentille.

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