ALT+TAB : l’art de réussir une suite
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ALT+TAB : l’art de réussir une suite

Août 23 Akkyshan  

ALT+TAB est une chronique que Pyram rédigeait sur le site Fureur. Sous forme d’édito, il décortiquait un sujet et proposait une analyse complète sur un phénomène. En cette fin de mois d’août, la Gamescom 2018 est au cœur de nombreuses discutions. Quelques titres comme Cyberpunk 2077, RICO ou encore Dark Devotion arrivent à s’y faire une place pour la première fois. Mais d’autres, comme Battlefield V ou encore Life is Strange 2 surfent sur la vague d’un ancien succès. C’est donc l’occasion de ressortir ce bon vieil article de la série ALT+TAB sur l’art de réussir une suite !

Assassin's Creed

En mars 2010, Pyram publiait un nouvel article pour sa chronique ALT+TAB. Celui-ci, intitulé l’art de réussir une suite, analysait l’art empirique de réussir un numéro 2. La question se pose avec la sortie prochaine du premier épisode de Life is Strange 2. Ou tout autre suite, d’ailleurs… En effet, on ne compte plus les titres de la licence, et ses spin-off, avant le prochain Battlefield 5 ! Alors, voici l’analyse de Pyram sur l’art de réussir une suite, qui date d’il y a huit ans ! Et n’hésitez pas à nous donner, vous aussi, votre avis dans les commentaires !

 

L’art de réussir une suite

Je ne sais pas s’il en va de même pour vous… Mais dernièrement, j’ai eu cette horrible impression que tous les jeux auxquels j’ai touché avaient un « 2 » à la fin de leur titre. Uncharted 2, Mass Effect 2, Bioshock 2, Assassin’s Creed 2… Oh ! Ce n’est peut-être pas qu’une impression finalement ! Et au contraire, ça commence à faire beaucoup, ne trouvez-vous pas ? Attention, je ne m’en plains pas forcément,c e sont tous d’excellents jeux. Et même, je vais me faire un plaisir de réfléchir avec vous sur ce sujet particulier qu’est l’art empirique de réussir un numéro 2.

Souvent, la plupart des gens vous diront que les suites sont en général largement inférieures aux premiers opus. Qu’elles n’ont été produites que pour profiter un peu plus de la vache à lait qu’était l’original. Qu’il ne faut jamais en attendre trop. Malgré cela, je trouve qu’il y a beaucoup d’arguments pour affirmer le contraire ! Tous ces titres que je viens de citer illustrent plutôt bien la façon dont les développeurs peuvent réutiliser la même formule pour produire des suites notablement supérieures aux originaux. Mais, non, je ne discuterai pas ce point ici.

Mais comment ont donc fait ces messieurs développeurs ? Y a-t-il des règles particulières à suivre pour réussir une suite ? Certes, je ne suis pas game designer … Mais, je n’ai pas pu m’empêcher d’y réfléchir un peu, de mon petit point de vue de joueur ! Voici donc les quelques idées jaillies de ce brainstorming.

 

1. Apprendre de vos erreurs, y compris de celles que nous, public, ignorions.

Mass Effect 2

Tout d’abord et cela paraîtra évident, quand vous faîtes une suite, votre premier réflexe sera de tenter de corriger les erreurs du premier opus. Ainsi, Assassin’s Creed 2 a réussi le pari d’éviter l’ennui de la répétition, qui caractérisait son prédécesseur. Quant à Mass Effect 2, il a largement amélioré le système de combat. Faire un numéro 2, c’est donc l’occasion de corriger le tir et repartir sur des bases saines. Ces changements sont de fait les bienvenus.

Mais attention, un game designer vraiment compétent ne se contentera pas de corriger le tir sur les seules erreurs que le public a décriées ! Ainsi, il ira plus loin, en améliorant des points passés inaperçus auprès de ces mêmes joueurs. Pour revenir à Mass Effect 2, les cinématiques du premier opus étaient assez maladroitement mises en scène. Quoi qu’ait pu penser le public ! Mais, en voyant celles du second, on s’aperçoit tout de suite de l’incroyable bond en avant qui a été réalisé.

En bref, il ne faut pas simplement se contenter de corriger ce que les fans critiquent. En effet, ce sont le plus souvent les points les plus évidents ! Il s’agit donc d’aller plus loin et d’améliorer chaque point améliorable. On ne veut pas de développeur paresseux par ici !

 

2. Respecter la vision de l’original, tout en évitant la redite pure et simple.

Chers développeurs, d’accord. Donnez-nous de nouveaux lieux à visiter… Mais, assurez-vous que ce nouveau périple que vous nous proposez amplifie le contenu du premier opus, au lieu de simplement le répéter. Pour reprendre l’exemple remarquable de Bioshock 2, ce dernier fonctionne de façon dialectique avec le premier. Il vous propose de ré-explorer la cité de Rapture, tout en re-contextualisant ses environnements et ses idéaux opposés. C’est un très bon exemple de la façon dont vous pouvez reprendre un univers et le resservir à un joueur… Tout en proposant une lecture inédite du contenu ! Oui, vous avez vu, je ne spoile même pas.

 

3. Quantité ne signifie pas qualité

Si vous y avez joué, vous serez d’accord avec moi pour dire que Mass Effect 2 et Bioshock 2 sont tous deux à la fois plus courts et plus denses que leurs prédécesseurs. Mais ils sont aussi de bien meilleurs jeux. Certains se plaindront de fonctionnalités disparues, ou du fait que Mass Effect 2 propose un nombre inférieur de planètes. Mais, je préfère le dire franchement, pas moi.

En effet, le fil narratif est bien plus puissant dans ces deux suites !  Et aucune ne s’enlise vers le milieu, comme le faisaient les premiers opus. Il faut garder à l’esprit qu’une grande quantité de contenu ne débouche pas forcément sur un meilleur jeu. Au contraire, cela peut drastiquement diminuer l’intensité de son expérience.

 

4. Ne pas abuser du côté sombre

Prince of Persia : Warrior Within

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais, beaucoup de suites ont tendance à accentuer le « côté sombre » du héros. En général, sous prétexte de vouloir approfondir sa personnalité. Cela peut réussir, ou pas ! Par exemple, et ce n’est que mon avis, Prince of Persia : Warrior Within est complètement raté sur ce point. Complètement !

Le fait que ce soit une piste de développement possible ne signifie pas qu’elle doive être un passage obligé. Loin de là ! Dans les jeux que je citais au début, nous en apprenons certes plus sur Drake, Desmond et Shepard. Mais leurs concepteurs se sont bien abstenus de leur coller le destin daaaaaaark qui n’a pas épargné d’autres héros. Et c’est tant mieux… Le côté sombre est intéressant, mais seulement à petite dose.

 

5. Développer l’histoire et ses personnages ne suffit pas.

Ceci est un corollaire du deuxième point. Si nous sommes bien d’accord pour dire que Uncharted 2, Bioshock 2 et Mass Effect 2 prolongent une histoire et un fil narratif existant, ils font bien plus que cela. En effet, ils améliorent au passage des choses comme le gameplay. Ainsi, ils offrent de nouvelles options intéressantes, tandis que l’interface est devenue plus ergonomique. Ils proposent une plus grande facilité d’accès pour les nouveaux joueurs. Et enfin, plus généralement, ils donnent l’impression que le jeu a été soigneusement peaufiné par toute une équipe de développement, restée au taquet.

Ainsi, une suite se doit, certes, de proposer une histoire intéressante. Mais cette histoire doit être sertie dans un gameplay qui donne l’impression d’avoir progressé, lui-aussi. Voici donc les quelques « règles » qui me sont venues à l’esprit… Mais, je suis sûr que vous en avez vous aussi ! Alors, n’hésitez pas à les soumettre dans les commentaires !

A propos de Akkyshan

Rédactrice en chef des furieux scribeurs, elle ne supporte pas qu'on lui dise qu'elle est petite. Elle a facilement tendance à mordre et à lancer des objets sur les gens. Mais, sinon, elle est gentille.

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