Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk, un Dungeon Crawler inégal
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Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk, un Dungeon Crawler inégal

Oct 27 Akkyshan  

Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk est un J-RPG de type Dungeon Crawler qui se présente en vue à la première personne. Il est sorti à l’origine sur PS Vita et uniquement au Japon. Mais enfin, il nous est arrivé en Europe. Le titre, entièrement sous titré en français bien qu’il garde ses voix japonaises, est disponible sur PC, PlayStation 4 et Nintendo Switch depuis fin septembre 2018. Parlons peu, parlons bien : voici notre test de l’inégal Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk.

 

Lorsque l’on jette un œil au catalogue de Nippon Ichi Software, on peut dire qu’il ne brille pas par sa présence en dehors du Japon. Cependant, quand on remarque le plus que douteux Criminal Girls dans la liste, on se dit que c’est peut-être pour le mieux ! Cependant, le catalogue édité par NIS America est lui très alléchant, comprenant notamment des jeux Vanillaware et Atlus. Mais voilà, Nippon Ichi, c’est aussi le studio responsable des Disgaea, des jeux tactiques qui vont du très honnête au tout à fait bon et dont le style graphique et les artworks rappelleront sans difficulté celui dont il est question aujourd’hui, le J-RPG Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk.

 

Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk, qu’est-ce que c’est ?

Labyrinth of Refrain Coven of Dusk

Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk est donc un J-RPG de type Dungeon Crawler, en vue à la première personne. Il est d’abord sorti en juin 2016, exclusivement sur PS Vita. Mais il est de retour en 2018 sur plusieurs plateforme. Ainsi, il est disponible sur PC depuis le 18 septembre et sur PlayStation 4 et Nintendo Switch depuis le 21 septembre. Son scénario commence quand la sorcière Dronya et son apprentie Luca arrivent à la petite ville isolée de Refrain, sous laquelle se trouve un immense labyrinthe, dont Dronya convoite les richesses.

Petite difficulté néanmoins : ce labyrinthe est rempli d’un miasme toxique qui interdit l’entrée aux humains ! C’est donc là que le joueur intervient, prenant le rôle d’une âme prisonnière d’un livre ayant appartenu au dernier explorateur connu du labyrinthe, le Tractatus de Monstrum. Oui, oui… vous allez jouer un livre… et toute l’équipe de pantins de bois animés qui combattra pour lui dans les couloirs du labyrinthe ! C’est original, non ?

 

Une narration étrangement découpée

Labyrinth of Refrain Coven of Dusk

Qu’on ne s’y trompe pas : le scénario se concentre sur Dronya, sa morale douteuse et son sale caractère, dans la très grande majorité du jeu. Et, s’il y a des intrigues suggérée dans le labyrinthe, l’histoire progresse via des scénettes, à mesure que l’on atteint différents points du dédale. Cependant, elles ne sont presque jamais en rapport direct avec ce qu’il vient de se passer dans le sous-sol. Alors oui, on finit bien par ramener à Dronya ce qu’elle cherche en réalité, mais la majorité du temps, ce qui se déroule dans le labyrinthe reste dans le labyrinthe.

Ce qui ne veut pas dire que la trame du jeu n’est pas intéressante. Bien que beaucoup de scénettes soient du domaine de l’anecdote, l’intrigue repose sur le passé du personnage de Dronya et sur ce qui la motive. Un passé relativement traumatique, dirons-nous, qui implique notamment la sorcière Baba Yaga. Reste que, par moments, on se demande si ce qu’on fait dans le labyrinthe a une réelle utilité pour l’intrigue et s’il y aura finalement un lien avec les événements étranges qui se produisent à Refrain

On relèvera cependant d’excellentes idées de narration à l’intérieur du labyrinthe. Notamment la manière dont le jeu (attention SPOILER dans ce paragraphe) nous fait comprendre, à un moment donné, que nos personnages ont été miniaturisés. En effet, après nous avoir montré des ennemis minuscules au point qu’ils ne soient pas visibles à l’écran et leur présence indiqué par une flèche, nous les rencontrons faisant la taille d’un poney… Ce qui ne manque pas d’être inquiétant !

 

Systèmes, mes beaux systèmes

Labyrinth of Refrain Coven of Dusk

Qui dit RPG japonais, et plus particulièrement Dungeon Crawler, dit généralement systèmes. Et des systèmes, Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk en est rempli. Cependant, il convient d’aller dans l’ordre dans la présentation.  Le jeu se découpe en trois phases : les scénettes déroulant le scénario, comme un visual novel sans les choix ; l’exploration du donjon en vue à la première personne ; les combats. Ceux-ci se déroulent dans un tour par tour relativement classique au premier abord.

 

Les pantins

Labyrinth of Refrain Coven of Dusk

Les pantins constituent les troupes que le joueur aura à disposition pour combattre le bestiaire, varié et original, peuplant le labyrinthe. Chacun de ses pantins doit être créé de toute pièce par le joueur. On choisit sa classe, sa capacité passive, son apparence, sa voix, l’orientation de ses caractéristiques et même son mode d’évolution. Par exemple, plus de force au détriment de la réserve de magie, ou encore une défense en béton armé, mais très peu d’attaque, etc. Il est même possible de lui écrire un petit bout de background, quand bien même cela n’a aucune utilité. Surtout que ça manque de sens pour une créature n’ayant aucun passé.

Cependant, soyons clair : le système de création des combattants est le meilleur atout du jeu. Six classes, complétées bien plus tard par deux autres, sont à la disposition du joueur. Quant aux variantes sur les caractéristiques, elles permettent des combinaisons très variées, en fonction de la stratégie envisagée. En bonus, le joueur pourra débloquer des portraits alternatifs en progressant dans le labyrinthe.

 

Répartition des cabales

Labyrinth of Refrain Coven of Dusk

Une fois les pantins créés, il est nécessaire de les répartir en cabales. Celles-ci comprennent jusqu’à trois slots de combattants et ajoutent plusieurs slots de soutien… Cela peut amener le nombre de soldats utilisés lors des affrontements à plus d’une vingtaine selon les configurations ! Les cabales fournissent les Donums, c’est-à-dire les sorts utilisables par les pantins. Mais aussi différents bonus en fonction de la position de chaque combattant et personnage de soutien. Par exemple, augmenter la précision du combattant d’une fraction avec celle du soutien, pour un des effets les plus simples. Ces cabales sont obtenues en explorant le labyrinthe et modifient considérablement la puissance des troupes.

Labyrinth of Refrain Coven of DuskLe moment où le jeu va (presque) trop loin

Ce n’est cependant toujours pas fini ! Les cabales peuvent être placé en première ou en seconde ligne. Et c’est là que finissent par intervenir les formations, proposant des bonus en fonction de la position des cabales, les unes par rapport aux autres. Un point qui apporte une surcouche de réflexion dans la constitution de ce qui est, au final, une petite armée de soldats pantins. Enfin, ajoutons que le joueur possède des capacités, à débloquer en utilisant le mana récolté dans le donjon, pour influencer les combats. Il peut ainsi augmenter les dégâts ou la défense des cabales, par exemple. De plus, il devient possible, vers le milieu de l’aventure, de recycler ses très nombreux équipements pour booster les caractéristiques d’autres pièces d’armure ou d’armement.

 

Est-ce bien utile, tout ça ?

Labyrinth of Refrain Coven of Dusk

Comme le suggère le titre de cette section, le jeu souffre d’un problème fondamental dans l’utilisation de ses propres systèmes. En effet, la constitution de l’équipe est le point le plus important. Ainsi, les décisions en combat sont extrêmement rares et finalement, le joueur a peu de prise sur le déroulement des affrontements. Déjà, les points de magie permettant de lancer les donums sont disponibles en toute petite quantité. Notamment au début du jeu, lorsque la commande « attaquer » reste le moyen le plus sûr de faire des dégâts pendant une très grande majorité de l’aventure.

Ensuite, si les sorts de soin et d’augmentation de caractéristiques ne sont pas négligeable, ils ne sont nécessaires (en mode de difficulté normal) que lors des affrontements de boss… ou contre des ennemis particulièrement puissants. Alors, on se rend compte que l’écrasante majorité des combats se déroulera en mode automatique, puisque l’IA est parfaitement capable d’optimiser les dégâts pour éliminer le plus d’ennemis possibles en un nombre de tours minimal, tout en se contentant d’attaquer sans jamais utiliser les donums. C’est décevant.

Et surtout frustrant, car le corollaire est qu’en augmentant la difficulté, on commence vite à se demander comment faire pour compenser l’augmentation des caractéristiques de l’opposition autrement qu’en augmentant notre niveau et notre équipement ou en optimisant nos cabales et nos pantins. Ce qui veut souvent dire grinder. Au sein même des combats, il n’y a pas assez de leviers pour permettre de faire la différence sur le champ de bataille. L’essentiel de la réflexion intervient avant, pendant qu’on prépare son équipe.

Dernier point, pensez à maintenir la touche rond (si vous avez une manette ps4) pour passer les combats en avance rapide. Ils sont excessivement lents sans cela.

Je suis perdu !

Sans atteindre des sommets de difficultés, sauf si vous aussi êtes capable de vous perdre dans un labyrinthe au dos d’un paquet de céréales, l’exploration du donjon est plutôt prenante et parfois très bien pensée. Il est notablement possible de tomber d’un niveau à l’autre, au prix de dégâts importants cela dit. Ou alors, via une capacité débloquée très tôt, de casser certains murs du labyrinthe. Cela permet parfois d’accéder à des parties du jeu normalement prévue pour plus tard. Dans d’autres cas, c’est tout simplement nécessaire pour progresser… notamment un passage du jeu qui nécessite de casser un mur juste à côté d’une porte verrouillée, occasionnant un délai non négligeable lors du processus de test du jeu !

 

Un J-RPG qui fait le minimum

Labyrinth of Refrain Coven of Dusk

Niveau technique et graphisme en général, le jeu assure un service tout à fait minimum. Si les artworks sont tout à fait honorables et plutôt stylisés dans un style propre au studio, le donjon est présenté dans une 3D rudimentaire. Quant aux ennemis que l’on peut faire apparaître dans les couloirs pour pouvoir les éviter au besoin, ce qu’on fera au final souvent, puisque certains sont fait pour être trop fort pour le groupe à différents stades, eh bien ils sont simplement représentés par des boules noires, ressemblant vaguement à des yeux.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit pour le reste : des artworks. Enfin, des sprites… presque pas animés lors des combats et des phases de narrations. Au point que, comme dans un CRPG, il y a des phrases de didascalie pour décrire les actions des personnages ! Ajoutons que le premier du niveau est très… vert. Et austère comme un tableur excel. Heureusement, les zones suivantes sont beaucoup plus attrayantes en terme de direction artistique. Certaines étant même plutôt jolies et toutes sont porteuses d’une ambiance propre.

 

Euh… mais c’est violent ce truc en fait !

Labyrinth of Refrain Coven of Dusk

Malgré son côté minimaliste, Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk se montre relativement violent et parfois de mauvais goût. Nous vous laisserons juge concernant les blagues scabreuses et le fait que l’un des boss est plus ou moins une paire de fesses gigantesques… Nous évoquerons surtout les coups critiques gores et le passé de Dronya, qui en prend littéralement plein la figure à base, notamment, d’adolescentes tabassées dans une cave…

A l’occasion, tant vos pantins que les adversaires subiront des coups critiques particulièrement violents qui les amputeront d’un ou plusieurs membres. Outre le fait que cela diminue leurs points de vie maximums, jusqu’à ce qu’ils soient réparés entre deux expéditions dans le donjon, perdre leur bras limitera leur pouvoir offensif et perdre la tête sera l’équivalent d’une mort instantanée. Cependant, cela n’est arrivé à votre serviteur qu’une seule fois sur une tranche de trente heures de jeu…

Alors, qu’on soit bien clair, Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk n’est pas un jeu visuellement violent. Mais par ce qu’il raconte et par ce qui arrive à ses personnages (ajouté à son côté graveleux), il mérite la mention d’avertissement présente sur Steam et le fait qu’il soit déconseillé aux moins de seize ans.

 

Que penser de Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk ?

Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk est à l’image de sa musique : inégal. Plusieurs systèmes sont très intéressants et offrent de riches possibilités , comme les pantins et les pouvoirs à utiliser pendant l’exploration. Cependant, d’autres sont totalement négligeables, comme le karma qui n’influe que de manière mineure sur les coups critiques et qui peut être enlevé avec quelques points de mana.

S’il n’était pas aussi efficace d’utiliser les combats automatiques, tout cela pourrait prendre. Cependant, Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk reste ce qu’il est, c’est-à-dire un jeu de niche relativement austère, mais plein de bonnes idées à qui il faudra reconnaître autant de défauts que de qualités. Si vous êtes déjà amateur de Dungeon Crawler japonais, vous devriez pouvoir trouver votre bonheur. Néanmoins, il reste inférieur aux ténors et ne constitue malheureusement pas une bonne introduction au genre. Verdict : bon, mais sans plus… et ça manque d’une séquence animée d’introduction avec de la bonne J-Pop, pour faire anime jusqu’au bout !

Points forts Points faibles
  • Le système de création de pantins
  • Luca est trop mignonne
  • En français avec doublage japonais
  • L’exploration à base de murs cassables et de jeu de cache-cache, avec les adversaires trop puissants
  • Les artworks stylisés en mode anime
  • Ah ! Le système de création de pantins est vraiment bien.
  • C’est long…
  • … mais c’est répétitif
  • Peu de prises sur l’exécution des combats elle-même
  • La 3D navrante des phases à la première personne
  • Les animations en mode service minimum
  • Premier contact d’une austérité à faire pâlir une crise économique

 

Article rédigé par Nataniel

A propos de Akkyshan

Rédactrice en cheffe des furieux scribeurs, elle ne supporte pas qu'on lui dise qu'elle est petite. Elle a facilement tendance à mordre et à lancer des objets sur les gens. Mais, sinon, elle est gentille.

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