Pathfinder Kingmaker : à la conquête des Terres Volées… et du public
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Pathfinder Kingmaker : à la conquête des Terres Volées… et du public

Oct 27 Crazy  

Pathfinder Kingmaker est un jeu vidéo de type RPG, sorti le 25 septembre 2018 sur PC uniquement. Nous avons eu l’occasion de le découvrir lors de la Gamescom 2018, à travers une présentation particulièrement alléchante. Malheureusement, à sa sortie, le jeu souffrait de nombreux bugs, parfois bloquants. Alors, nous avons attendu… et à présent, le jeu à été suffisamment patché pour être vraiment jouable. Voici donc notre test du splendide Pathfinder Kingmaker !

Pathfinder Kingmaker

Je le disais cet été, alors que je découvrais Pathfinder Kingmaker à la Gamescom 2018 :  j’avais vraiment hâte de pouvoir tester le jeu après la présentation que j’en avais eue. Et donc, dès sa sortie, je me suis jetée dessus comme un ours-hibou sur un aventurier débutant… Cependant, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Alors, j’ai attendu avant de vous livrer ce test. Le potentiel de ce jeu était bien trop grand pour que je crache dessus à sa sortie ! Maintenant que de nombreux bugs rapportés – mais pas tous – ont été corrigés, je peux vous parler de Pathfinder Kingmaker et de la conquête des Terres Volées !

 

Pathfinder Kingmaker, l’héritier de Baldur’s Gate ?

Avant toute chose, je vous parle d’un temps, que les moins de vingt ans, ne peuvent pas connaîtreuh… Enfin, techniquement si, vu que BG est sorti en 99, mais je doute que les personnes en question aient pu faire grand-chose dessus, à l’époque, à part baver sur le clavier. Baldur’s Gate, donc, c’était un jeu d’aventure solo (du moins, dans sa campagne principale), où l’on incarne un personnage à la recherche de ses origines dans les Royaumes Oubliés, un des univers de Donjons et Dragons. Grâce au studio Beamdog, il a été rendu compatible avec les machines récentes. Ceux qui étaient encore en couches-culottes au moment de sa sortie peuvent maintenant en profiter.

BG est donc devenu une référence en la matière. Il a donné lieu à une suite (aptement nommée Baldur’s Gate II) et à d’autres aventures distinctes se déroulant dans le même univers, comme Icewind Dale ou Neverwinter Nights. Ses principes : un héros impliqué dans l’histoire, rejoint par une poignée de PNJs aux compétences et caractère différents, dans des décors agréables à l’oeil et face à divers monstres, pièges et énigmes.

Un petit combat contre des Worgs, pour se mettre en jambes…

 

Un début classique, facile à prendre en main

Pathfinder Kingmaker est à la hauteur : les décors, sympathiques, sont en 3D mais en caméra fixe. Cela donne un petit côté 3D isométrique à la BG. Pièges et monstres sont au rendez-vous. Les énigmes sont parfois ardues – ce qui rappellera certains aspects de Baldur’s Gate. Le début de la campagne, donc, ne nous sort pas trop de ce que nous connaissons déjà : nous sommes un(e) aventurier(e) ambitieux(se) dont la mission est d’éliminer un dangereux chef bandit qui terrorise les Terres Volées. Si nous sommes victorieux(se), nous aurons le droit de revendiquer son territoire et d’en devenir le(la) baron(ne). Quelques missions secondaires et possibilités d’exploration de la carte nous sont offertes, et nous avons largement le temps (trois mois selon le calendrier du jeu) d’en profiter.

C’est un piège ! Heureusement, dès que j’envoie un Voleur le désarmer.
Les autres personnages restent sagement immobiles (à moins qu’ils ne se fassent attaquer).

 

Des scènes en livre illustré

Un élément intéressant (et nouveau dans ce style de jeu) est la présence de scènes que j’appelle « en mode texte ». Ainsi, dans certaines conditions (en général, la visite d’un lieu), au lieu de voir nos personnages débarquer sur la carte, un livre illustré s’affiche à l’écran avec quelques paragraphes et un choix de réponses (faisant parfois appel à des compétences). Elles permettent de gérer rapidement des situations qui rendraient certainement moins bien si elles étaient jouées « normalement ». De plus, elles offrent un changement de rythme bienvenu.

Il vaut mieux choisir la Barbare, pour ce genre d’activités physiques…

A ce stade, à mon avis, les choses sont assez simples. J’admets que ma connaissance de l’univers et des règles du jeu de rôles Pathfinder me facilite la vie, mais je pense que ce n’est pas un gros avantage par rapport à quelqu’un qui n’y a jamais joué. Si on prend le temps de regarder la description des sorts magiques et autres capacités de combat des personnages, on peut maîtriser les aptitudes de notre groupe de personnages en peu de temps. C’est après que ça se complique…

 

Les joies de la politique

Gloire à nous, nous possédons maintenant notre baronnie ! Oui, mais il faut s’en occuper. Alors certes, on n’est pas tout seul (comprendre : on a des PNJs ministres à recruter), mais un certain nombre de tâches demandent notre présence… et du talent pour le jonglage. En effet, notre territoire se gère selon plusieurs aspects :

  • les Problèmes, qu’il faut résoudre sous peine de voir notre stabilité diminuer (et à terme, la fin de notre règne)
  • les Opportunités, dont l’échec n’a pas d’importance mais dont la réussite nous apporte des bonus
  • les Projets, qui mobilisent nos ministres (et donc les rendent indisponibles pour faire quoi que ce soit d’autre pour la baronnie) pendant un laps de temps allant de quelques semaines à plusieurs mois (!)
  • les Régions, autrement dit l’annexation de zones frontalières afin d’agrandir notre zone de contrôle
  • les villes et villages (un par Région seulement, et c’est bien assez), où l’on doit construire des bâtiments afin d’améliorer les statistiques de notre baronnie

L’interface de gestion de la baronnie. Les onglets à droite permettent de naviguer à travers les différents aspects du système.
En bas à droite, les Évènements (Problèmes et Opportunités) résolus ; au milieu, ceux qui sont en cours.
Ceux qui ne sont pas encore traités apparaissent à gauche.

 

Des quêtes à accomplir en parallèle

A côté de ça, nous avons toujours des quêtes à accomplir (dont certaines en temps limité), qui nous obligent à délaisser notre trône pour aller buter du troll ou du cyclope à travers champs. Une autre contrainte à incorporer, donc. Alors, pour nous faciliter les choses, le jeu nous permet de partir à l’aventure avec un PNJ même si celui-ci occupe un ministère et est assigné à une tâche. De plus, tant que nous nous baladons dans une Région sous notre contrôle, nous pouvons accéder à l’interface de gestion de la baronnie et donner quelques ordres à distance. Il y a également une option de jeu qui permet de gérer la baronnie de façon automatique, au pire, pour les gens qui ne voudraient pas s’embêter avec ça. J’y reviendrai.

L’interface de construction d’un village.
Les carrés représentent les emplacements disponibles (il y en aura davantage quand le village croîtra) ; la liste des bâtiments possibles est à droite.
Le placement des bâtiments les uns par rapport aux autres peut donner des bonus supplémentaires.
A gauche, les statistiques de ma baronnie (« Lysandria »).

 

Un tutoriel peu formateur

Le souci, à mon avis, est que le tutoriel est un peu succinct. Ok, il nous expose les mécanisme de base, « faites ci, faites ça, attention à tel paramètre ». Cependant, il oublie de nous préciser que tout ceci est un équilibre très délicat et que certaines erreurs peuvent nous coûter bien plus cher que nous ne l’imaginions. De plus, une fois qu’une tâche est lancée, elle ne peut pas être interrompue, ce qui peut nous empêcher de régler un incident à temps. En effet, les Problèmes (et les Opportunités) doivent être assignés à un ministre avant la fin du mois en cours. Si votre baron(ne) est occupé(e) sur une tâche de longue durée dont l’échéance dépasse le 30 du mois, vous ne pouvez rien assigner à personne. Ces événements non traités se concluront par des échecs automatiques, avec les conséquences qu’on imagine…

J’aurais bien aimé traiter cette Opportunité, mais le jeu m’informe que les deux seuls ministres aptes à s’y attaquer sont occupés à régler d’autres Problèmes.

Afin de limiter les dégâts (mon premier essai était correct mais j’ai fini par tomber dans une « spirale infernale » à cause d’un bug), j’ai recommencé une partie en suivant la plupart des conseils trouvés dans ce thread. Je vous en traduis les cinq points qui me paraissent les plus importants.

 

1. Faire les quêtes principales dès que possible

Plus tôt vous en serez débarrassé(e), plus vous aurez de temps pour gérer sereinement votre baronnie. En effet, l' »actualité » du jeu a des conséquences sur les Problèmes que vous allez rencontrer, donc plus vite vous en éliminerez la source, moins vous aurez à en subir les conséquences. Par exemple, lorsque la quête des trolls commence, vous allez subir pas mal de Problèmes en relation avec les ravages de ces créatures. Une fois que vous aurez éliminé leur chef, lesdits Problèmes ne se présenteront plus.

 

2. Veillez à être dans votre capitale au début du mois

Comme évoqué plus haut, il existe des tâches (certains Projets et l’annexation de Régions) qui nécessitent que votre baron(ne) y passe deux semaines. Évidemment, des Problèmes peuvent survenir « dans votre dos » pendant que vous êtes coincé(e) là-dessus. Et comme vous devez leur assigner un ministre avant la fin du mois sous peine d’un échec… il vaut mieux que le mois ne soit pas fini quand votre personnage sera enfin libéré(e) de ses tâches administratives.

 

3. Surveillez votre stock de points de construction

En plus de les utiliser pour construire vos villes et villages, ils servent aussi à revendiquer des ressources sur la carte, investir dans certains Projets… et peuvent parfois être dépensés à l’occasion de dialogues avec les ministres ! Le souci, c’est que si la construction, la revendication et les Projets ne peuvent pas avoir lieu quand on ne possède pas les BP requis, ce n’est pas le cas de ceux qui nous sont « imposés » par les dialogues (j’emploie ce terme parce qu’on a beau avoir le choix de répondre « oui » ou « non » à la proposition du dialogue, on n’en voit pas la conséquence avant qu’elle soit validée : par exemple, mon ministre me dit « créons une ambassade à X ».

Si je réponds « bonne idée », j’aurai ensuite un message « vous avez perdu N BP et gagné Y points de telle stat de la baronnie » – et je n’ai aucun moyen d’imaginer la valeur de N à l’avance…). Ah oui, avoir un total de BP inférieur à zéro fait dramatiquement baisser la Stabilité de votre baronnie, ce qui génère des Problèmes à résoudre…

 

4. Corollaire : sauvegardez souvent

Le jeu prévoit de base trois autosaves et trois quicksaves, mais ce nombre peut être augmenté dans les options, profitez-en.

 

5. N’abusez pas du repos

Vos personnages se fatiguent (leur score de Constitution joue sur leur besoin de repos) et doivent faire des pauses s’ils veulent pouvoir récupérer les sorts qu’ils ont utilisés dans la journée. Néanmoins, si vous vous reposez trop souvent, vous perdrez du temps, donc vous résoudrez vos quêtes plus lentement, donc vous augmenterez les risques de Problèmes dans votre baronnie…

Comme vous pouvez le constater, ça fait beaucoup de choses à gérer. Personnellement – et parce que je suis les conseils susmentionnés – ce n’est pas une contrainte et j’apprécie cet aspect du jeu. A vous de voir…

 

Rien ne sert de courir, il faut partir à point

C’est là qu’on va parler des choses qui fâchent… Le jeu est sorti il y a environ un mois, et je me suis jetée dessus immédiatement. Le souci, c’est que le studio aurait mieux fait d’attendre un mois ou deux de plus. De nombreux bugs, certains bloquants ou conduisant à un effondrement inexorable de la baronnie (ce qui cause la fin du jeu, au fait) ont été rapidement constatés par la communauté des joueurs. On notera aussi qu’ils touchent la fonction de gestion automatique de la baronnie – désolée, les gars, vous allez devoir tout gérer à la main ! Bien sûr, les développeurs d’Owlcat Games se sont immédiatement attelés à la tâche de patcher tout ceci – et continuent encore à l’heure où j’écris ces lignes : on en est au onzième hotfix depuis la sortie, certains de plusieurs gigas de données, et tout n’est pas encore résolu.

Autrement dit : j’ai l’impression d’être dans une bêta ouverte, et je pense sincèrement que le jeu aurait eu tout à gagner à repousser sa sortie de deux mois. A part ça, quelques éléments mériteraient d’être améliorés (mais peut-être sera-ce le cas quand le débuggage sera fini ?). Par exemple, il n’y a pas énormément de portraits disponibles lors de la création de personnages (heureusement, il n’est pas très difficile d’en rajouter, vous trouverez ici la méthode, ainsi qu’une sélection de dessins pré-calibrés). Les frontières des Régions gagneraient aussi à être plus visibles quand on est en « mode exploration », afin de mieux gérer nos interactions à distance avec la baronnie.

 

Des informations incomplètes

Également, si le journal des quêtes est rédigé de façon rôleplay (c’est le PNJ Linzi la barde qui l’écrit), il manque souvent des rappels d’information. Par exemple, si un personnage nous dit « allez chercher X, il devrait être à l’endroit Y », le journal ne nous dira que « Z nous a envoyés à la recherche de son ami X ».

Le jeu me dit que Mim est « partie pour les Tors of Levenies » (un endroit que je ne suis même pas sûre d’avoir localisé, en plus)
Je la trouverai en fait à Talon Peak… Et en plus, je n’avais que deux semaines pour la sauver.

Je dirais que j’ai eu de la chance : à part le Problème récurrent qui menait ma baronnie à sa perte, je n’ai rien subi de trop grave. Quelques bugs bénéfiques, comme des objets dont le bonus se cumulait à chaque chargement de sauvegarde, et une ou deux quêtes secondaires impossibles à compléter. Je croise les doigts pour ma partie en cours…

L’interface de déplacement. Certaines quêtes mettent un ruban rouge sur leur destination, mais ce n’est hélas pas le cas pour toutes.

 

Pathfinder Kingmaker : un jeu plaisant, mais on attend mieux

C’est peut-être pour ça que malgré les critiques (souvent justifiées) que je lis sur les forums du jeu, je n’en suis pas dégoûtée et je prends toujours plaisir à y jouer. Bien sûr, j’attends avec une grande impatience que tous les bugs soient enfin corrigés, afin de pouvoir profiter plus sereinement de l’expérience. Comme évoqué plus haut, je pense que Pathfinder Kingmaker est le digne successeur de Baldur’s Gate, et je m’amuse autant avec que lorsque BG est sorti il y a presque vingt ans.

En l’état, je ne peux malheureusement pas le recommander : ce que je trouve supportable sera considéré comme rédhibitoire par d’autres. Par contre, dans un mois, lorsque (j’espère !) tous les bugs majeurs seront corrigés, là je vous dirai : foncez !

 

Crazy

A propos de Crazy

Rédactrice, correctrice et envoyée spéciale dans les contrées où il faut parler anglais. Grammar nazi sur les bords, fan absolue de Guild Wars 2 et fondatrice du Gragas Fan Club.

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