Blue Reflection : un J-RPG (un peu trop) minimaliste
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Blue Reflection : un J-RPG (un peu trop) minimaliste

Mai 27 Akkyshan  

Blue Reflection est un RPG de Magical Girl sorti en mars 2017 au Japon et en septembre de la même année en occident sur PC et Playstation 4. Nataniel poursuit son exploration des us et coutumes du pays du soleil levant avec ce jeu développé par Gust Co. Ltd et édité par Koei Techmo.

Blue Reflection : chasser du démon en tutu

Blue Reflection se présente comme un « Persona-like » petit budget. C’est-à-dire, un RPG au tour par tour alternant phase d’exploration de donjons et développement des liens d’amitié entre les protagonistes. Nous découvrons Shirai Hinako, ancienne future ballerine blessée à la jambe. En perdant tout espoir de devenir danseuse étoile, elle a aussi perdu goût à la vie. Alors qu’elle fait une rentrée en milieu d’année au lycée, la voilà propulsée dans un étrange monde parallèle. Elle y recevra une bague lui permettant de se transformer en Reflector et de combattre les démons qui hante cet étrange Common (les termes en italiques sont utilisés tels quels, y compris dans le doublage japonais).

Puis, une fois revenue en classe, elle se découvre deux alliées sorties de nulle part. Mais non, je vous jure : ces filles n’étaient pas là y a une seconde ! Il s’agit de Yuzu et Lime. Et pour ceux qui se posent la question : oui, elles portent des noms d’agrumes, qui sont des genres de citrons. Et au demeurant, j’ai compris pourquoi le manga Citrus s’appelle Citrus. Comment ça je suis hors sujet ? Nous voilà en compagnie d’un pétillant trio fin prêt à lutter contre les Sephiras, des gigantesques créatures qui envahissent périodiquement le monde – ou du moins les environs du lycée pour filles – et font office de boss.

Une boucle de gameplay minimaliste

En termes de gameplay, Blue Reflection fait le choix d’une boucle relativement minimaliste divisée en trois étapes. Tout d’abord, Hinako parcourt le lycée en accomplissant des missions et en dialoguant avec ses camarades afin de renforcer ses liens avec elles. Ensuite, chaque mission est l’occasion d’une plongée dans une des quatre zones du Common : peur, colère, tristesse et joie. Ainsi, elle peut y collecter quelques objets ou terrasser un certain nombre d’ennemi du même type.

Puis, après avoir atteint un certain nombre de points – offerts par les missions – et un certain niveau d’expérience – offert par le renforcement des liens sociaux – l’histoire progresse. Alors, on découvre la prochaine fille qui deviendra notre alliée. C’est également l’occasion d’un passage dans le Common. En effet, le principe est que les filles de ce lycée ont tendance à devenir rampant, c’est-à-dire à subir une sorte d’overdose émotionnelle. Cela crée un fragment dans les Commons que Lime et Yuzu sont avides de collecter afin de renforcer leurs pouvoirs.

Enfin, nous affrontons un boss dont le design gigantesque ne manque pas de classe. Et ses invasions successives ne sont pas sans rappeler un certain Evangelion, les méchas en moins et les Magical Girls en plus !

Niveau de difficulté déconcertant…

Malheureusement, outre le ton léger et pétri de bons sentiments – qui ne plaira pas à tout le monde – le jeu se répète relativement vite. Et peu de personnages secondaires, en dehors du trio et des premières filles rencontrées, s’avèrent suffisamment mémorables pour masquer la réalité : nous faisons toujours la même chose.

Parcourir le lycée (heureusement faisable rapidement via un système de déplacement rapide), puis fouiller le Common et enfin suivre l’histoire d’une fille et combattre un boss avant de recommencer. Le faible nombre de zones et le peu d’adversaires différents à combattre n’aident d’ailleurs en rien. Sans compter qu’en mode de difficulté par défaut, le jeu s’avère outrageusement facile. Il a fallu attendre environ quinze heures de jeu (soit les 3/4 de l’aventure tout de même) pour trouver un ennemi qui nécessite de se concentrer un peu.

Un système de combat intéressant

La boucle de gameplay est limitée. Toutefois, le système de combat est plutôt intéressant. Classique, il permet des attaques qui font plus ou moins de dégâts en dépensant du mana. Il ajoute également une barre d’Ether qui doit être chargée en cours de combat via des actions spécifiques. Et il permet d’utiliser des capacités spéciales : une garde contre les dégâts d’une prochaine attaque, une régénération de point de vie ou encore une accélération des personnages au détriment des adversaires. Ainsi, chaque protagoniste est représenté sur une barre de temps qui s’écoule progressivement. Lorsque l’icône d’un personnage atteint le centre, c’est son tour d’agir. Naturellement, il est possible de manipuler le positionnement de notre groupe et des ennemis sur cette barre, via une mécanique de « knockback » intégrée à certaines attaques.

En termes de progression, Blue Reflection se base principalement sur le développement des liens entre Hinako et ses camarades. Ces derniers permettent de débloquer des points à répartir entre les quatre caractéristiques des personnages. Atteindre une certaine combinaison de valeurs débloque des compétences supplémentaires. De plus, chaque lien débloqué avec les personnages secondaires ajoute un fragment qu’on pourra équiper à l’une desdites compétences pour en modifier légèrement les effets . Par exemple : lien de vie, augmentation des dégâts, ou encore buff d’une caractéristique. Ces fragments peuvent d’ailleurs être améliorés via un système basique de craft, accessible dans le Common.

La technique de Blue Reflection à la ramasse

Oh mon… que c’est moche. Enfin… non : moche n’est pas le terme. Le jeu semble seulement tourner sur Playstation 2 plutôt que sur Playstation 4 ! Les textures sont d’une pauvreté sans nom. Les visages, bien qu’expressifs pour les personnages principaux, sont lisses, voire complètement déformés pour les personnages secondaires. En plus, ils sont parfois clonés à l’envie.

Bref, l’aspect technique n’est ni fait ni à faire. Cela n’enlève en rien que les boss sont d’une classe absolue et que le design général des démons est plutôt réussi. Mais pour tout le reste, on repassera. Au-delà de ça, on notera une version anglaise faite à la va-vite et remplie de fautes de frappe. Ou encore de caractères de fin de mot qui bavent sur la ligne d’en dessous, dans les sous-titres, pour une raison qu’on ignore.

Un jeu kawaï ou creepy ?

A quoi pensez-vous si on vous dit : lycée pour fille, Japon et Magical Girls ? Si vous avez pensé « tentacule », vous êtes un pervers. Si vous avez pensé « culotte »… allons, messieurs-dames, un peu de décence ! En réalité, le jeu est relativement sage en terme de culottes (pour un jeu japonais)… Jusqu’à environ deux tiers du scénario, où il enchaîne trois scènes de vestiaires assez malaisante ! Sans compter quelques dialogues supposés humoristiques qui virent vite au malaise total.

Nous mentionnerons, pour la forme, les nombreux DLC disponibles qui sont tous des tenues alternatives pour les héroïnes: maillots de bain, évidemment, mais aussi serviettes de douche. Reste que le jeu parvient à être mignon, la plupart du temps. Et même touchant, à l’occasion… si on entre dans ce monde merveilleux des jeux japonais pour adolescents, pétris d’amour et d’amitié, de rose et de tutus… à en devenir visqueux !

Une dose de Magical Girl

En termes de respect des codes du genre, Blue Reflection se pose comme un modèle. D’ailleurs, son scénario se limite presque exclusivement à respecter lesdits codes. Ainsi, nous aurons les séquences de transformation, les monstres à l’aspect improbable, les peluches kawaï… D’ailleurs, Lime se bat avec un ours en peluche très originalement dénommé « Kuma San », soit Monsieur Ours en japonais. Mais également les gadgets en plastique faisant office d’armes, et améliorés par le pouvoir de l’amitié en milieu d’intrigue.

Au final, tout cela reste assez mignon. Et on se prend à jouer un peu machinalement, en écoutant ces doubleuses japonaises raconter des trucs niais, voire à carrément s’emballer lorsque la musique épique des affrontements de boss retentit. D’ailleurs, les « finish moves » des combats sont tous très classes. En résumé, tout cela fait le travail, surtout que les jeux de Magical Girls ne courent pas les rues. Mais Blue Reflection ne fait pas beaucoup plus.

Que penser de Blue Reflection ?

L’écriture est plutôt propre, en termes de structure. Toutefois, la traduction a massacré l’orthographe. Le jeu boucle sur lui-même, comme tout récit bien ficelé devrait le faire. Et il sait se rythmer correctement pour être épique quand il le faut. Cependant, il est dommage que la technique gâche la sauce et que l’écriture générale soit assez pauvre, avec notamment des révélations assez clichées et très visibles.

D’ailleurs, c’est moi où les animes/mangas/jeux se déroulant en milieu scolaire ont toujours ce petit côté mélancolique ? Si cela marche sur vous et que le genre ne vous rebute pas, foncez. Sinon, la technique misérable et le scénario peu original risquent de vous empêcher d’apprécier Blue Reflection, disponible chez Instant Gaming.

Points forts Points faibles
– Le design épique des boss
– Les musiques associées qui font le travail
– Kawai !
– Magical Girls Powa !
– En termes de structure, le jeu est écrit très proprement
– Mon dieu on est sur ps2 en 2017
– Le budget réduit
– La boucle de gameplay assez courte
– 20h en traînant pour le terminer
– Parfois creepy comme seul le japon sait le faire
– Les personnages secondaires ont peu d’intérêt


Article rédigé par Nataniel

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A propos de Akkyshan

Rédactrice parmi les furieux scribeurs, elle ne supporte pas qu'on lui dise qu'elle est petite. Elle a facilement tendance à mordre et à lancer des objets sur les gens. Mais, sinon, elle est gentille. [DartsMania, la passion des fléchettes]