J'ai toujours été du genre original.
Et j'ai eu la chance d'avoir des parents relativement ouverts sur la technologie, et qui n'ont eu aucun problème à m'offrir ma première console, il y a de cela presque 25 ans. La réalité est qu'ils préféraient me voir rester sagement à la maison plutôt que de traîner dans la rue, mais c'est là un tout autre problème.
Le fait est donc que je me considère à ce niveau comme extrêmement chanceux.

Laissez-moi à présent vous parler de cet ami que je me suis fait à l'époque où j'étais en licence à la fac. Vous l'ignorez peut-être si vous ne me lisez pas régulièrement, mais je suis quelqu'un de très sociable : j'adore sortir, rencontrer des gens et organiser des soirées. Je n'ai jamais eu de souci pour me faire des amis, et comme je suis du genre original, j'aime bien me lier avec les geeks et les nerds de nos antiques cours de récré.
Je l'ai toujours fait à dessein, d'abord parce que les non-geeks ont toujours eu tendance à être fermés à mes activités ludiques préférées (qui à l'époque incluaient aussi une bonne dose de jeux de rôle) : si j'avais envie de parler du dernier Sonic sur Megadrive, c'était mieux d'en parler avec des gens qui connaissaient et qui ne risquaient pas de me regarder avec des yeux bizarres..
Revenons à présent à cet ami de faculté. D'emblée, c'était quelqu'un de très solitaire, et il ne se liait guère aux autres dans l'amphi. Cela m'intriguait - mon aimant à nerd se remit immédiatement en route. Un jour, alors que je venais la veille de me remettre à Secret of Mana, je passais à côté de lui en fredonnant l'air d'introduction et là, je le vis faire de gros yeux.
"C'est l'air de Secret of Mana !"
J'étais surpris parce que, avouez, il y a peu de chance de croiser des gens dans la rue qui reconnaitraient la musique de Secret of Mana - surtout il y a quinze ans.
Ce fut l'étincelle qui activa notre amitié. Nous passâmes ensuite beaucoup de temps à parler de jeux vidéo et à y jouer, et du jour au lendemain, il n'était plus solitaire puisque je l'avais adjoint à ma "bande" de geeks.
Un jour, il nous expliqua que ses parents n'aimaient pas les jeux vidéo, et avaient longtemps tenté de le forcer à s'intéresser à d'autres activités qu'ils jugeaient plus "sociales" comme le sport, sans succès, le poussant à se refermer encore plus sur lui-même.

J'avoue, ça m'avait fait de la peine. Franchement, quand on y pense, si je n'avais pas chanté l'air de Secret of Mana ce jour-là, où aurait-il fini ?
J'ai fait de nombreuses rencontres similaires, et je me suis donc fait pas mal d'amis au gré des années. Et aujourd'hui, je me rends compte que le vrai problème, ce ne sont pas les jeux vidéo. C'était le fait que les adultes disent à leurs enfants qu'il y avait quelque chose de mauvais ou d'antisocial dans les jeux vidéo.
Alors qu'il n'en est rien.
Beaucoup de non-joueurs traitent le jeu vidéo comme une sorte d'activité solitaire et recluse faire pour les introvertis. En réalité, les gamers sont certainement les gens les plus sociables que je connaisse. Même les jeux solo sont un prétexte à discussion entre gamers dans le monde réel, que cela soit dans le cadre d'une conversation sérieuse sur la qualité artistico-philosophique de tel ou tel titre ou dans celui plus banal du "A quoi tu as joué ce week-end ?" - de la même façon que des non-gamers vous parleront de leurs pique-niques au parc ou du dernier match OM-PSG, les gamers ont eux-aussi quantité de sujets intéressants à discuter.
Sans parler des sorties et événements que l'amour des jeux vidéo peut engendrer : conventions de jeux vidéo, tournois, IRLs de guilde, concerts, ou simple soirée multi à se tabasser à Streetfighter ou à chanter comme des dératés sur Singstar.

Des événements comme la Paris Games Week ou les concerts Vidéo Games Live illustrent parfaitement ce type d'expérience. Là-bas, les fans vont ensemble s'intéresser à un domaine qui les lie : les jeux vidéos. Les enthousiastes peuvent s'y amuser à leur propre façon, même si cela signifie s'habiller en Chun Li de Streetfighter.
Au final, les gens qui croient que jouer aux dernières nouveautés est une activité antisociale ne peuvent être plus éloignés de la vérité. Après tout, quand on regarde un film ou qu'on lit un livre, là aussi on est... solitaire. C'est le partage qui change la donne. Or, les gamers sont très partageurs.
Dans l'état actuel des choses et alors que de plus en plus de gens jouent aux jeux vidéo, ces derniers deviennent la forme de divertissement collectif la plus humainement partagée. Au pire, attendons juste quelques années et que les vieilles générations laissent la place, et les gamers seront la forme de vie dominante.



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), dont la moitié de femmes, avec une moyenne d'âge de 33 ans. Maintenant, je ne sais pas quelles sont leurs sources.
).


. Si on me propose couture ou PC, je prends PC. Si on me propose sorti ou PC, je choisi sorti ! (tout dépend le contexte xD). Dans chaque esprit on a nos propre limite, et être un "vrai" geek est pour moi une dépendance psychique (soit dit en passant une maladie mentale/addiction) !