The Princess Guide : un action-RPG à la limite du beat’em all 2D…
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The Princess Guide : un action-RPG à la limite du beat’em all 2D…

Avr 26 Akkyshan  

Production de Nippon Ichi Software, sorti au japon en 2018, The Princess Guide est arrivé en mars 2019 en occident. Il est publié par NIS America pour PS4 et Switch. Visiblement un habitué de ces éditeurs/développeurs, Nataniel nous livre son verdict sur cet action-RPG à la limite du beat’em all 2D. Test réalisé sur PlayStation 4.

The Princess Guide : de princesses, tu t’occuperas

Et non, The Princess Guide n’est pas un simulateur d’élevage de princesses façon Princess Maker, mais bien dans un rpg en vue du dessus mâtiné d’arcade et de beat’em all (avec carte « tactique » pour faire genre). L’aspect « élevage » se limitant à congratuler ou réprimander notre protégée du moment, soit au cours des dialogues, soit directement sur le champ de bataille afin d’obtenir différents bonus.

L’un, très pratique, est la régénération de points de vie. Et ce n’est pas un luxe, nous le verrons ! Au nombre de quatre, les princesses sont toutes folles à des degrés divers, dans un but comique évident qui fera mouche selon les goûts, mais reste caricatural et rarement inspiré.

Tout d’abord, Liliartie (la bleu clair) passe son temps une paire de cuisses de poulet dans les mains à se demander si le prochain monstre qu’elle doit vaincre ferait un bon steak. Puis, Monomaria (la bleu foncé) s’entraîne jusqu’à l’épuisement (et surtout l’absurde) et s’auto-flagelle régulièrement.

Ensuite, Alpana (la fille-dragon verte) dirige une sorte de secte religieuse qui veut imposer la paix dans le monde par la force. Enfin, Veronica (la sorcière rouge et jaune) est une psychopathe mégalomane qui transforme ses subalternes en grenouille pour un oui ou pour un non.

C’est aussi la plus drôle du quatuor, tant ses répliques sont énoncées sur un ton en total décalage avec la situation présente. La palme au très tranquille constat « Je suppose que c’est comme cela que l’on déclenche une apocalypse zombie » (traduction libre) qui fait une référence pop-culturelle plutôt simple, mais efficace.

Un gameplay limité…

The Princess Guide se présente comme un beat’em all 2D en vue du dessus. Ou un rpg très action, c’est selon. Un chef d’escouade (généralement la princesse, mais cela peut être également le protagoniste ou un personnage recruté pour l’occasion) entouré de ses quelques soldats doit nettoyer un niveau des divers monstres qui s’y trouvent. Tout en évitant (et en s’appropriant) les pièges qui lui barrent la route.

Malheureusement, le gameplay montre rapidement ses limites. En effet, le jeu consiste principalement à presser la touche carré jusqu’à ce que tout ce qui se trouve à l’écran soit mort. On ajoute de temps en temps une pression de triangle pour lancer une attaque puissante, qui peut étourdir les ennemis. C’est très pratique contre les chevaliers en armure. Ou alors la touche rond, pour déclencher l’attaque de l’escouade.

Il est possible de passer en mode « libre » pour que nos soldats attaquent de leur propre chef. Cependant, ce mode remplace l’esquive de notre personnage par une attaque spéciale, généralement très lente, et nous rend donc particulièrement vulnérable.

A recommencer les mêmes niveaux, tu te prépareras…

The Princess Guide a quelques bonnes idées. Notamment le principe de pouvoir utiliser les membres de son escouade pour capturer les pièges (appelés reliques) se trouvant sur le champ de bataille. Il est ainsi possible de les retourner (sous réserve de les déclencher manuellement) contre les ennemis. Ou encore, la carte tactique qui essaie de mettre une pression bienvenue sur le joueur, en limitant le temps disponible pour exécuter une mission ou en l’obligeant à défendre un point précis de la carte.

Mais le jeu fait rapidement preuve de deux défauts majeurs, au-delà de son humour pas toujours pertinent et de son scénario inintéressant au possible. Dans un premier temps, la proximité de la caméra avec l’action et la présence de l’escouade autour du personnage principal rendent l’action parfois très peu lisible. Notamment lorsqu’il faut éviter de petites, mais très dangereuses, boulettes lâchées par ces fichus mages capables de « one shot » le personnage dès qu’ils sont en bande.

Ajoutons que le jeu, par effet de style, écrit plusieurs informations directement sur le champ de bataille (y compris le tutoriel initial). Dans un second temps, le joueur se rendra compte très vite que les niveaux correspondent aux différents emplacements de la carte et ne changent pas ou peu lorsqu’ils sont revisités. Or les missions se déroulent rapidement sur les mêmes cartes, avec les mêmes pièges et les mêmes ennemis à éliminer.

Cela crée un sentiment presque immédiat de répétitivité, ajouté au gameplay déjà très centré sur la pression d’une seule touche en boucle. Pire ! Le jeu s’avère très rapidement punitif, avec une barre de vie qui peut descendre très vite.

Recommencer, encore et encore…

Avec le problème du niveau de zoom déjà évoqué et des animations manquant parfois d’amplitude qui peuvent être difficiles à lire, la mort arrive très vite. Et qui dit mort, dit recommencer au début de tableau en cours. Et donc, encore plus de répétitivité !

A collecter des armes, tu penseras

La progression des personnages se fait par trois biais :

  • l’apprentissage de « materias » qui augmentent les caractéristiques de votre protégée
  • la gestion de l’escouade : différents types d’unités peuvent être recrutés, chacune ayant ses pouvoirs propres
  • l’acquisition de nouvelles armes à équiper sur votre personnage.

Malheureusement, cela signifie encore plus de répétitivité. En effet, les materias s’obtiennent généralement en tuant un nombre déterminé d’un type particulier d’ennemi. Ou alors, en interagissant un certain nombre de fois avec la princesse. Les armes sont bien entendu offertes aléatoirement lors de l’ouverture de coffres se trouvant sur le champ de bataille. Et certaines peuvent être améliorées par un système basique de forge.

Vu la capacité du titre à liquider le joueur sans prévenir, tandis que les armes sont le moyen le plus efficace d’augmenter l’attaque et la défense de son personnage, on passera un certain temps à les rechercher. Et ce, en multipliant les rencontres sur la carte du monde. Et donc, en refaisant en boucle les mêmes niveaux.

A conclure, tu te résigneras

Partant de quelques bonnes idées, d’une bande son énergique – bien qu’elle soit également répétitive (décidément ce mot sera le cœur de cet article) – et de graphismes colorés, The Princess Guide échoue à proposer une expérience véritablement prenante. La boucle de gameplay est bien trop pauvre. La lisibilité discutable rend l’expérience frustrante. A petite dose, il reste divertissant et sur Switch, il pourrait s’avérer un compagnon de métro plutôt honnête. Cependant, il ne se hissera pas parmi les meilleurs, ni même parmi les bons jeux disponibles sur le marché.

Points forts Points faibles
– Coloré, pétillant, vif et défoulant (parfois)
– Drôle par moment
– Veronica
– Voix japonaises correctes
– La capture des reliques à retourner contre l’ennemi
– Répétitif
– Toujours les mêmes niveaux !
– Pas drôle la plupart du temps
– Cette saletée de message « ready » impassable qui apparaît après chaque mort !
– Pas de version française


Article rédigé par Nataniel

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A propos de Akkyshan

Rédactrice parmi les furieux scribeurs, elle ne supporte pas qu'on lui dise qu'elle est petite. Elle a facilement tendance à mordre et à lancer des objets sur les gens. Mais, sinon, elle est gentille. [DartsMania, la passion des fléchettes]

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